jeudi 15 février 2018

Rêves vaporeux ...



Voilà plusieurs fois que tu rejoins ma couche, toi qui n'existe pas réellement, tu n'es que les vapeurs de désirs inassouvis. Je n'ai pas le souvenir de ton odeur ou même de ton goût, pourtant on s'étreint très fort. 

J'entends tes mots qui m'invitent à lâcher prise, je peux sentir l'effleurement onirique de tes mains.
Elles balayent mon corps, s'attardent sur la chute de mes cuisses jusqu'à mon intimité, agrippent mes fesses avant que je ne te sente entrer en moi. Ma respiration se hachure et mon bas ventre s'électrise.

Tu prends mes cheveux des deux parts de mon visage, et tu maintiens la cadence soutenue de tes vas-et-viens. Pendant que j'ondule mon bassin pour venir bercer le dormeur du val, tu viens mordre le creux de mon cou. Me voilà fébrile et à ta merci. 

J'insuffle un timide : " Ne t'arrête pas "

Tes mots doux se transforment en ordre à jouir alors mon corps se tend, il est prêt à t'obéir quand soudain :

" Maman, tu ranges où le lait quand il est pas dans le frigo ? "
" Pourquoi tu réponds past'es sous la douche  ? "
 - Tout doux on est dimanche 
- Dis donc on dirait qu'il te manque cinq minutes de dodo "

 En effet, il ne m'en aurait pas fallut beaucoup plus.



Reviens-moi vite Oh rêves vaporeux on a des choses à finir



mercredi 31 janvier 2018

Rien qu'un cri et quelques chuchotements...



C'est la deuxième fois que je me rendais dans ce club, soir de fête il y avait beaucoup plus de monde que la fois précédente.
Cela m'a grandement intimidé, et j'ai douté de vouloir jouer.

Tu m'as entrainé dans la salle où se trouve le banc à fesser, les gens restés en bas, mais je savais que ce serait de courte durée, on était les premier à donner du spectacle ce soir, on sera rapidement rejoint.

Tu n'avais pas pris tes jouets, alors après m'avoir fessé à la main, et tu as saisi ta ceinture.

C'est fou comme cet endroit ne m'inspire pas mes envies d'habitudes. Je n'ai aucunement envie de me faire gronder, fesser comme une petite fille. Pas ici. 
Non, là, je suis femme, totalement et entièrement femme. Je crois que j'accorde certainement trop d'importance aux regards pour m'abandonner à nos jeux ordinaires. 

Mais après tout ce n'est pas bien grave, il y a une multitudes de jeux, et ce soir là je m'en suis rendue compte.

Tu m'as attaché les mains et les cuisses, j'étais contrainte et à ta merci. Chouette !

Un premier couple nous as rejoint, j'ai voulu montrer que je n'étais pas une petite chose douillette, alors je t'ai provoqué pour que tu frappes bien plus fort. J'en ai redemandé toujours plus, j'étais partie.

Un homme a débarqué avec un flogger, il  a commencé à me fouetter avec. Son geste était bien plus lourd que le tient, qui se voulait plus progressif. mais ça me convenait.

Mes fesses, mes cuisses, mon dos tout y passe, et j'ai adoré ça.

La douleur m'enveloppe de sa chaleur et j'oublie peu à peu où je suis. 
Je ne pense plus au fait que je sois à demi nu devant des inconnus, après tout si ça ne leur plait ils n'auront qu'à aller jouer ailleurs. 

Un autre couple a débarqué, tu les as invité à jouer, tu m'as demandé tout de même si j'étais d'accord, j'ai acquiessé avec mon humour à la con, qui m'aide souvent à balayer mes craintes.

L'homme s'est saisi du flogger et n'a pas loupé sa cible.

J'ai peut être un peu trop frimer, car il ne m'épargne pas. Mon corps se crispe et mes cheveux me tiennent si chaud. 

Et puis Elle... 

L'homme continuait son oeuvre, et Elle s'est mise devant moi, s'est baissée.
Je l'ai vu à ce moment là, et Elle a pris mon visage dans ses mains et m'a embrassé.

Et juste ... juste... J'ai pas de mots pour expliquer ce que j'ai ressenti. 

Je sais que mes larmes ont coulés juste après ça, certainement le mélange entre la douleur et sa douceur.
La douceur de ses mains, de ses lèvres sur les miennes, de ses traits, de son regard ...

On m'a enfin libéré de mes attaches, j'en avais eu assez, du moins j'étais au début de mon grand chamboulement de la soirée.
Tu m'as demandé de remercier les personnes autour, j'étais stone, alors j'ai obéis.

Et puis Elle m'a empoigné mes cheveux, et m'a dit " On dit merci Monsieur, merci Madame "
Son charisme m'a soufflé sur place, aucun mot d'esprit, j'ai fait ce qu'Elle m'a dit.
Et puis Elle s'est mise à m'embrasser, mordre mon visage, je me suis retrouvée embarquée dans quelque chose de totalement inconnue pour moi.

La seule chose que j'ai réussi à lui dire, c'est que je la trouve magnifique, en mode cartoon. 

Elle m'a demandé si je voulais jouir, pour dire vrai je ne savais pas trop ce que je voulais, si ce n'est faire exactement ce que Elle voulait. alors j'ai dit oui.

J'aurais fait n'importe quoi à ce moment là.

Je me suis retrouvée dans la salle docteur du club, cette salle n'a aucun pouvoir fantasmatique sur moi, mais j'ai suivi, impressionnée , intimidée et conquise.
J'ai retiré mes chaussures, puis mon collant. On m'a allongé. C'est là que mon coeur s'est quelque peu emballé.

Qu'est-ce que je fiche là ? 

Je pense ne pas avoir été loin de la panique, son partenaire m'a mis mon collant sur les yeux.
J'ai reçu des coups de flogger, sur mes seins, mon ventre, mes cuisses.
J'ai dit un " aie " , et l'homme m'a dit : " On ne dit pas aie on dit merci " , du coup je n'ai plus rien dit.
Elle m'a dit " Accepte ton sort " , de me détendre.
L'homme jouait avec mes seins, et la femme avec mon intimité. Le propriétaire du flogger était à ma gauche, je crois que sa présence finalement a tout bloqué.

Je n'ai pas réussi à jouir, j'étais trop stressée et impressionnée. Je le regrette mais bon... 

Ils sont partis.

Je les ai recroisé quand nous sommes redescendu dans la salle principale. Tu m'as demandé d'aller la remercier, je t'ai répondu que je l'avais déjà fait.
Et Elle s'est approchée de moi, peut être avait elle compris ma timidité qui ce soir là me paralysait. Elle m'a embrassé, et m'a demandé si je voulais recommencer. Bêtement j'ai dit que pour ce soir ça irait, elle m'a dit " pas forcément ce soir "
Je suis restée muette.
Cette femme m'a renversé la tête et je ne m'y attendait tellement pas.

Nos chemins se sont perdus là...

Mais une question depuis ce soir là reste imprimée sur mes lèvres

Qui est Elle ? 

( Ce récit sera certainement le moins intéressant littérairement parlant, mais je l'ai promis. Dans ma tête cette expérience restera une sacré souvenirs dont je tais véritablement le chamboulement qu'Elle a provoqué ) 



dimanche 21 janvier 2018

Pluralité (1) ...



Une récente expérience m'a fait me souvenir que j'avais écris ce texte il y a quelques années, donc en attendant de trouver les mots pour écrire la " récente ", je racle les fonds de tiroirs ;) 
Bon c'est pas le plus réussi :p



Il avait simplement dit
- " Ce weekend, nous allons faire une nouvelle expérience,  j'attends de toi, une obéissance totale. Tout se passera bien, ne t'inquiète pas. "
Après de longues heures à rouler, la voiture s'arrêta devant un petit pavillon, entouré d'un joli jardin fleuri.
Il m'indiqua que nous étions arrivés  avant de me donner quelques consignes :
- " Retire ta robe et ferme ton manteau "
C'est remplie d'angoisse que j'obtempèrais difficilement dans cet espace réduit, sur la siège passager de son auto.
Il m'attrapa par les cheveux pour m'embrasser et entraver mon cou avec mon collier.
- " Écoute moi bien, à partir de maintenant je ne serai plus seul à te dominer. Ce weekend je vais t'exhiber à d'autres,  tu fais ma fierté,  sois en digne. Il arrivera surement des moments où tu ne me verras plus, rassure toi je ne serais pas loin et nous repartirons ensemble.  "
A cette annonce, je me suis sentie frissonnante, et mon corps semblait s'être mis sur pause.
Il semblait l'avoir compris, puisqu'il me redit que tout irait bien, je n'avais qu'à lui faire confiance et obéir.

Après une dernière tendre accolade,  il me fit descendre de la voiture, et me guida vers la porte avec sa main dans ma nuque. Il sonna.
Avant que la porte ne s'ouvre il glissa à mon oreille : " Tu fais vœux de silence à partir de maintenant et jusqu'à ce que nous rentrions "
À ces mots, la porte blanche s'ouvrit,  laissant apparaître une jeune femme, brune, grande et mince. Ses cheveux  tombaient en cascade au-dessous de ses épaules, elle était plutôt jolie et souriante. Elle aussi portait à son cou un collier épais en cuir noir. Elle nous accueillit chaleureusement avant de nous guider vers le salon.

L'endroit était cosy et lumineux, sur les murs des photos de famille m'ont immédiatement rassuré...

Sur le sofa se trouvait un homme, plus âgé, à vue de nez la quarantaine bien tassée.  Il avait un visage avenant, vêtu d'un jean et d'une chemise,  mais le genre de type qui force immédiatement le respect.

D'un simple regard, il fit venir sa soumise qui  s'agenouilla entre ses genoux. La scène ne manqua pas de faire rire mon partenaire,  qui dit que ma place était la même.  Je compris qu'il me fallait adopter la même position quand on l'invita à s'asseoir sur un fauteuil.

- " Bonjour L, je suis Antoine, et ma soumise se prénomme Julie. Je ne te sens pas très à l'aise,  veux-tu quelque chose à boire ?
Je fis un non de la tête avec le signe " merci " de la Langue des Signes
- " D'accord,  comme tu voudras.  Veux-tu au moins retirer ton manteau ?
Prise de panique,  je jeta un regard angoissé à Monsieur.
- " On t'a posé une question " ,  dit-il en tournant la tête vers le couple.
Je me mis alors à balancer la tête frénétiquement de gauche à droite, ce qui amusa l'assemblée.
- "Très bien, pour le moment tu as encore le droit, repris Antoine, nous allons te laisser un petit temps d'adaptation et ne pas te demander trop de choses rapidement."
Je remercia du geste notre hôte,  et il ne manqua pas de dire que je semblais bien dressée,  je sentis Sa main caresser ma tignasse,  comme pour valider les mots de l'homme.

Les hommes prirent un café en racontant des banalités sur notre voyage et la région où il nous avait conduits.
Je m'accrochais à Ses genoux,  comme un coquillage à son rocher.

- " Bon Lui. Et moi allons aller discuter à part, et fignoler ce que nous avons prévu pour ces deux jours.  Julie, ma douce, prends soin du petit animal craintif  veux-tu, tu seras une perle. "

 "Quand à toi, L,  je sais que tu as pour consigne de ne pas parler du weekend, mais quand nous serons absents  tu es libre de parler avec Julie autant que tu le souhaites, d'accord ?"
Instinctivement, je cherchai Son approbation, et n'eut comme réponse un rappel que je devais obéissance aussi bien à lui qu'à Antoine.
J'hocha alors la tête.

Ils partirent tous deux  plutôt complices. La disparition de mon partenaire de mon champs de vision me paniquait plus qu'autre chose, et malgré un regard furtif à Julie, je me demanda ce que je pourrais   bien avoir à lui dire.

Elle semblait  plus expérimentée. Pendant le café,  elle arrivait à anticiper toutes les envies et besoins de son dominant. Je me suis demandée comment j'allais bien pouvoir rivaliser miss parfaite.

Julie s'approcha de moi, pour me demander si j'avais besoin de quelque chose et c'est sans même un regard que je lui répondis : " Non ça va aller, merci " sur un ton légèrement présomptueux.

" Tu sais  tu  n'as pas à craindre mon Maître,  reprit elle d'une voix toute fluette,  ni de moi d'ailleurs,  on te fera aucun mal, et Lui a bien expliqué tes limites,  et nous nous sommes engagés à ne pas aller au-delà. Rassure-toi !"

Elle fit glisser ses doigts sur mon visage mais je recula.
"Oh, excuse-moi, je ne voulais pas être intrusive "
Elle m'énervait déjà, elle semblait trop douce et gentille pour être la vertu incarnée.

Cependant je voulais savoir  : " Comment L'avez-vous connu ? lui demandais-je.
- Il m'a contacté sur Fetlife, comme je n'affiche pas ma relation avec Antoine, il pensait que j'étais sans collier
Je suis restée la regarder, le ventre serré par la jalousie,  me disant intérieurement qu'elle avait un sacré culot pour me dire ça comme ça.
" Ohhhh rassure toi, il ne cherchait pas à me mettre le grappin dessus, mais il m'a parlé de votre désir de plan à trois avec une autre soumise. C'est ainsi que je lui ai dit que j'avais un Maître,  et que nous étions dans la même recherche.  Après deux ou trois échanges,  Antoine et Lui ont commencé à bien s'entendre et se sont dit qu'il y avait peut-être la possibilité de faire quelque chose ensemble.
 Tu es sûre que tu ne veux pas boire quelque chose ? "
-  D'accord"  disais-je, rassurée, je veux bien un verre d'eau finalement, s'il te plait."

Peu à peu la discussion entre nous se fit naturellement, et je commençais à bien vouloir la voir comme la jeune femme adorable qu'elle avait l'air d'être.  Nous nous racontâmes nos histoires respectives,  la rencontre avec nos partenaires et surtout nos premiers pas dans le Bdsm.

Quand les hommes firent leur retour.

Antoine embrassa Julie et la remercia de m'avoir tenu compagnie.
- "Bon maintenant, que tu te sens plus à ton aise, L,  tu vas te lever et retirer ton manteau"

( à suivre ... Et elle est déjà écrite celle là )



samedi 23 décembre 2017

Rien qu'un conte de noël... Par Lunapower




Cela fait quelque temps que je réclame des récits à plusieurs personnes que j'apprécie, et j'ai eu la chance de recevoir plusieurs textes vraiment superbes. Et puis il y a eu ce soir où j'ai gentiment demandé à Lunapower un conte de Noël, bon d'accord ça ressemblait beaucoup à un énorme caprice. Après avoir nargué quelques copines du net, l'esprit de noël me remplit, alors je partage le texte de Lunapower. Merci à lui <3 

Ps: Si certaines personnes ont envie de m'envoyer des histoires, y a mon mail quelque part sur le blog :D

Le manteau du Père Noël 

Il y a fort longtemps, vivait en Armorique, une jolie princesse nommée Eilinel.
Tous les soirs pour s’endormir elle demandait au gens du village de lui raconter une histoire.

"Bonjour Monsieur le Professeur, vous n’oubliez pas mon histoire ce soir hein ?" 
"Non, non Mademoiselle" 

Et ce, depuis des lunes tous les habitants de la conté venaient lire ou envoyaient une histoire à la jolie princesse… Certains en manque d’inspiration et craignant le courroux de leur bienaimée souveraine eurent une idée.

- "Mon cousin viking a entendu parlée d’un pays au nord où vivent des lutins et un gros homme barbu exhaussant les souhaits des enfants sages lors des fêtes saturnales, ils ont des pouvoirs magiques et doivent pouvoir créer une infinité d’histoire pour notre princesse"
 - "Oui convainquons notre princesse de s’y rendre !"
 - "Hum elle n’acceptera jamais de faire un si long voyage dans l’inconfort !" 
 - "J’ai peut-être une idée, ma sœur connaît un mage de Brocéliande qui lui est redevable"
 - "Faisons-le venir, ça ne coûte rien d’essayer !" 

Dix lunes passèrent et le mage se présenta au village, les habitants lui exposèrent le problème. Le mage tourna ses doigts dans sa barbe et hocha la tête…
Le soir même il se présenta au palais de la jeune princesse, un serviteur l’escorta dans la chambre de la belle.
- "Bonjour, jeune fille" 
- "Bonjour, je ne vous connais pas, comment vous appelez-vous ? Vous venez pour mon histoire ?"      - "Je me nomme Merlin et je ne viens pas vous raconter une histoire mais vous mener là où sont créées toutes les histoires, le pays du père Noël ! Si vous êtes sage vous repartirez avec plus d’histoires que vous ne pourrez en lire, jeune fille !" 
- "Chic, chic on y va" dit-elle en sautant sur son lit 
Mais vous me raconterez ne histoire en route, dites hein ? Et c’est loin ?" 

Merlin tourna ses doigts dans sa barbe, pris Eilinel par la main et une formule magique plus tard ils se retrouvèrent au pôle nord.
- "Brrr il fait froid ici" 
- "Ooh  ooh oui, j’avais oublié !!! Salacadou !!!" 

La jeune princesse se retrouva vêtu de chauds habits au-dessus de son petit pyjama bleu.

- "Je vous laisse, marchez vers la lumière et dites que vous venez de ma part"
 - "Et mon histoire ?" 

Elle se retourna mais le mage avait disparu, elle se dirigea alors vers la lumière…
Elle atteignit un petit village de bois où travaillait des petits hommes vêtus de tout de vert, les uns emballaient, les autres réceptionnaient les hiboux et pigeons voyageurs, les autres tamponnaient inlassablement des livres, tandis que d’autres les illustraient de jolis images. Toute émerveillée, elle rentra dans la maison où étaient entreposés les livres. Elle en prit un, l’ouvrit.

- "Ha, mon histoire !!!" 

Son histoire fini, elle enleva son bonnet, son écharpe et sa combinaison et se fabriqua un lit douillet. Elle s’endormit paisiblement rêvant qu’elle pourrait rester ici pour des siècles…
Le lendemain matin, elle se réveilla, regarda de nouveau les livres les yeux brillants puis commença à chercher à manger. Une odeur de chocolat chaud la guida vers une grande salle.
Tout y était féérique et le petit déjeuner était pléthorique. Elle allait entamer son deuxième croissant lorsqu’elle entendit une voix sévère…

- "Que faites-vous ici voleuse !!!!???" 
- "Moi, heu" 
- "Oui, vous ! Il n’y a que vous ici jeune fille"
 - "Je suis venue pour les histoires !!"
 - "Pour les histoires, pour les histoires… appelons le patron" 

D’autres lutins alertés par le bruit avaient rejoint la grande salle, bientôt suivi par un homme plus grand bien portant, lui aussi vêtu de vert et avec une barbe blanche.

- "Ho ho ho, jeune fille ! Mes lutins m’ont dit que vous avez dormi ici et pris de la nourriture sans demander la permission. Est-ce bien vrai ?"
 - "Oui, Monsieur mais…"
 - "Savez-vous comment je puni mes lutins et les petites voleuses, c’est une méthode que m’a enseigné mon cousin Fouettard, c’est très efficace." 

Eilinel aperçut un martinet accroché à la cheminée, elle y avait goûté enfant et se remémorait sa cuisante morsure.
Le père Noël la saisit par le bras et lui baissa son bas de pyjama et la bascula sur ses genoux. La pauvre allait se prendre une fessée, une fessée déculottée à son âge, une fessée devant une assemblée de lutin, un sentiment de honte l’envahit bientôt supplanté par la douleur qui émanait de ses fesses. Le père Noël n’y allait pas de main morte, elle battait et ne put retenir longtemps ses larmes.

- "Bouhou mais c’est hoou Merlin qui m’a CLAC CLAC dit de venir vous demandez pour mon histoire"            
Le père Noël cessa la fessée.

- "Merlin, mais pourquoi ne l’avez-vous pas dit, pourquoi n’êtes-vous pas venu me voir au lieu de vous comporter comme une sale petite voleuse" 
- "Baaah heeeeu" 
- "Allez, relevez-vous ! Huum intéressant cette couleur, très jolie même, voyons si on peut l’améliorer un peu ! Vous n’espériez pas vous en tirer à si bon compte" 

Eilinel pleurait doucement, un lutin apporta le martinet, le père Noël fouette la pauvre princesse, il s’arrêta satisfait quand le rouge du derrière d’Eilinel fût bien foncé…

- "Je vous remercie et je vais vous renvoyer chez vous"
 - "Merci ?" Dit-elle en sanglotant
 - "Oui Merci Ho Ho Ho" sur ces paroles il lui donna un dernier coup de martinet

La princesse se réveilla doucement, elle tâta un peu autour d’elle, elle était bien dans sa chambre.
Elle se demanda si elle avait rêvé, mais l’absence de son bas de pyjama et la chaleur de son bas du dos lui firent prendre conscience que non… Elle repensa alors à tous ces jolis livres qu’elle avait vu, enfila une culotte et se rendit dans sa bibliothèque… Elle y découvrit ses rayons remplis de centaines de livres, un grand sourire illumina son visage. Elle dirigea vers la cheminée sur laquelle était posée une carte.

 "En l’honneur de mon ami Merlin et merci pour l’inspiration. Signé le père Noël"

 Elle retourna la carte et vit que le vieil homme avait troqué sa tunique verte pour un d’un rouge éclatant.
Eilinel passa sa main sur la lune encore tiède, radieuse.

Et depuis ce jour le père Noël est tout vêtu de rouge, un rouge spécial. Le rouge Eilinel !     

Lunapower


dimanche 17 décembre 2017

L'histoire d'un pseudo...


Eilinel… Parce que c’est bien plus qu’un pseudo
Après presque trois ans, je vous livre l’histoire de ce nom.
Tout part d’un garçon… Bravo la féministe !
J’ai fait sa connaissance sur un site de rencontres tout ce qu’il y a de plus vanille et sinistre. Je m’y étais inscrite sans trop savoir ce que j’y cherchais ; passer le temps, certainement… C’est lui qui est venu me parler. Des échanges tout à fait banals qui, à la longue, m’ennuyaient. Et puis il y a eu un tournant : il aimait les jeux de dominations, et tout à coup j’étais toute ouïe.
On s’est rencontrés un matin, autour d’un verre, dans un café ringard. On a parlé de tout et de rien, on se plaisait. Puis (ne me demandez pas comment on en est arrivés là, je ne m’en souviens plus), je lui ai donné un « casse tête » à résoudre, toute fière de lui dire que je l’avais résolu très rapidement. Il galérait clairement, alors m’est venue l’idée de lui dire que nous nous reverrions uniquement lorsqu’il y serait parvenu. Il a été surpris par mon culot mais, aimant les défis, accepta. C’est triomphante que je l’ai laissé.
Plus tard dans l’après midi, je reçois un message avec pour photo le « casse tête » résolu, avec un commentaire indiquant qu’il y avait passé un temps fou. J’en ai été flattée.
Cela a marqué le début de nos jeux.
Après quelques difficultés à faire coïncider nos emplois du temps, il est venu me chercher à la sortie de l’endroit où je faisais quelques heures de bénévolat, toujours dans le souci de m’occuper. Il m’a emmené dans un autre café, encore plus sordide que le premier, et on a commencé gentiment à se titiller un peu. Ce très beau jeune homme, avec des yeux bleus magnifiques, avait aussi un sourire à faire fondre du béton.
C’est ce jour là que j’ai compris, au détour de la discussion, qu’il était en couple : il a en effet détourné honteusement le regard quand je lui ai dit que sur le site il n’y avait que des mecs mariés (grillé !). Je m’en suis amusée intérieurement. À dire vrai je n’en avais que faire ; ce n’était pas mon problème après tout.
À la fin de cette entrevue, il a voulu me raccompagner chez moi. J’ai rétorqué que j’étais une grande fille et j’ai tourné les talons, sans même un regard de plus pour lui. Il m’a confié qu’il était tombé sous le charme de mon tempérament et de mon insolence (il allait être servi).
Nous avons poursuivi nos échanges avant de décider de nous revoir. Mais cette fois, Monsieur voulait goûter à mes lèvres. Très bien, mais je lui ai dit qu’il y aurait quelques conditions, laissant planer le mystère.
Afin de le retrouver il me fit faire un petit jeu de piste sous formes d’énigmes. À son terme, je me retrouvai dans un parking sous terrain ; décidément le jeune homme aimait les lieux glauques. Il m’attendait dans sa voiture où je l’ai rejoint pour lui tendre un petit billet où il y avait mes fameuses conditions.
Il s’en est saisi, amusé, et a lu son contenu. Je lui faisais savoir qu’il pouvait m’embrasser, mais sans les mains, uniquement avec sa bouche, de mes doigts à mes lèvres.
Il a replié le mot en me disant : « Ah, Mademoiselle est joueuse. Très bien. »
Il a alors commencé à baiser ma main, mon poignet… Doucement, tendrement… Il a fait glisser ses lèvres le long de mon bras, avant de se retrouver dans le berceau de ma nuque. Il s’est fait saisir par les effluves de mon parfum, tout en laissant échapper son souffle, ce qui me procura des frissons dans tout le corps avant que ma respiration ne s’emballe à son tour. Il a terminé son voyage sur la commissure de mes lèvres, avant de m’embrasser. Nous nous sommes regardés, laissant le temps en suspend. Nous nous sommes souri.
Et puis je lui ai dit qu’il était temps que je rentre. Offusqué et hébété, il m’a demandé si j’étais sérieuse. J’ai ouvert la porte de la voiture pour descendre. Il a juste eu le temps de m’asséner une claque sur les fesses et je l’ai laissé en plan, comme ça. La claque sur les fesses n’était pas comprise dans mes conditions mais je lui ai accordé cette petite sortie de route. Je suis rentrée chez moi, frustrée certes, mais tellement fière de mon œuvre.
Des petits jeux comme ceux là, il y en a eu beaucoup avant même de confondre nos corps dans un quelque chose de plus charnel. On mettait un point d’honneur à faire grimper la température au fil de nos entrevues. C’était… intense.
Ce n’était pas toujours simple de trouver le temps de se voir, pris que nous étions tous deux par nos responsabilités, mais on y parvenait tout de même. On a même réussi à se voir deux fois une même journée. Quasiment toujours dans des endroits différents, de moins en moins lugubres. Je déteste la ville où je vis, mais elle contient cependant tout un tas d’endroits qui me renvoient à nos rencontres, et ceux là me donnent toujours un smile d’enfer, avec une petite pointe de nostalgie.
On s’est rencontré dans le chaos de mon divorce et lui dans le flottement de l’ennui de sa petite vie bien rangée. On avait chacun des raisons de magnifier cette relation et de la maintenir fraiche et légère. Il n’y avait, de toute façon, rien d’autre à envisager entre nous, et c’est très probablement ce qui l’a rendue aussi magique. Rien que du plaisir.
Nous avons joué ainsi des semaines durant, puis des mois. Nos moments se sont teintés d’une harmonie sexuelle complètement dingue, tout en sauvegardant ces petits plus ludiques.
Il y a eu cette fois où je lui ai demandé de deviner si je porterais une jupe ou une robe, lui annonçant que, s’il se trompait, il aurait un gage. Il fallait voir sa tête quand il m’a vu débarquer en jean. Il n’était pas très content d’ailleurs et m’a promis une fessée (chouette alors !).
Nous sommes arrivés dans mon endroit préféré autour de Brest, un vieux fort avec vue sur la mer, un délice pour les amoureux de la nature et des univers un peu sauvages. J’y avais déjà reçu quelques fessées, mais ça c’est une autre histoire.
Il m’a retourné contre la pierre froide du fort, après avoir vérifié qu’aucun promeneur ne viendrait briser notre complicité. Il a commencé à me fesser, grommelant que je n’étais qu’une vilaine tricheuse. Heureusement il ne me voyait pas me marrer. Il a commencé à baisser mon pantalon tout en me grondant.
Et…
« Bah alors, tu parles plus ? » lui ai-je demandé.
Il fut quelque peu décontenancé en découvrant ce qui se cachait sous ce vilain jean. Quand le méchant le loup se transforme en petit garçon en lorgnant sur un porte jarretelle et des bas couture…
« Vilaine tentatrice » m’a-t-il susurré à l’oreille.
C’est ainsi que je me suis vue décerner un sacré bel Oscar ce jour là. Je crois que j’en rougirai encore longtemps.
On s’est vus, revus, encore et encore. J’ai eu la chance de lui faire une ode orale sous la grêle. Nous nous sommes faits surprendre par une cavalière certainement plus gênée que nous, par un chien curieux derrière un arbre dans un parc…
Mais il y a eu cette fois où on s’est fait reluquer par un monsieur sur son voilier, pendant qu’il m’embrasait l’intérieur de ma tranchée secrète, là où on trouve les bunkers face à la mer. L’homme s’est écrié : « Faites l’amour, pas la guerre ! » On était clairement frivole, intrépide, on se fichait totalement du monde autour de nous, et on en riait.
C’était une passion dévorante sans aucune fausse note, sans heurt. Une histoire où je ne me suis jamais aussi sentie belle et désirable, soumise et dominante, légère et dépravée… Libre, en fait.
Alors oui, arrive ce jour où la passion s’essouffle, où il devient difficile de se renouveler sans cesse, de surprendre l’autre. Nous avons su nous arrêter à temps, avant qu’on en vienne à s’en vouloir, à se faire du mal, en emportant avec nous dans la boîte de nos souvenirs chacun de ces instants de malice, de fougue et de tendresse.
L’unique regret est de n’avoir jamais réussi à faire l’amour dans un lit (si, ça c’est pas cool en vrai).
Alors Eilinel c’est lui qui l’a choisi. Cela veut dire étoile-reine. Lui, lui était mon maestro, mon éphémère.
Mais Eilinel c’est bien plus qu’un nom donné par quelqu’un qui, certes, a marqué pour toujours mes souvenirs : c’est aussi la marque d’une féminité retrouvée, d’une liberté acquise et celle d’une véritable renaissance.
Eilinel c’est juste la gravure de celle que j’ai décidé d’être et de prendre en main.




mardi 12 décembre 2017

Toute une histoire...


Depuis quelques jours Salomé trouvait Théophile distant. Elle se creusait pourtant la tête pour provoquer son désir de jouer. Des airs coquins remplis d'envie, des gestes plus téméraires ; elle se baladait même nue dans leur petit trois pièces, se crémant le corps sur le canapé, l'air de rien... mais rien n'y faisait : il souriait et l'embrassait tendrement sur le front.
« Pas ce soir mon cœur. »
Salomé battait en retraite en boudant et se sentant ignorée. Elle avait cela en horreur.
Ce matin-là, elle envoya un SMS très licencieux à son amoureux, espérant rallumer son désir, mais Théophile lui répondit qu'il n'avait pas trop la tête à cela en ce moment, qu'au boulot c'était compliqué avec Marc qui visait la même promotion que lui, et que des histoires de famille lui prenaient la tête.
Elle insista un peu, arguant que ça lui ferait sûrement du bien. Il reçut son message en sortant d'une réunion de crise, organisée parce que son entreprise avait perdu un très gros client. Il lui répondit sèchement que, ce soir en rentrant, il voudrait être tranquille, qu'elle devrait s'organiser une sortie avec ses copines pour éviter de s'attirer ses foudres.
Salomé, vexée et irritée, pensa d'abord à faire ce que son compagnon lui conseillait mais elle ne voulait pas laisser s'éterniser autant de frustration, alors elle pensa un plan d'attaque.
Elle lui écrivit qu'elle serait sortie lorsqu'il rentrerait ce soir. À la fin de sa journée, elle prit le bus, sans même dire au revoir à ses collègues et se précipita chez eux.
Elle se dirigea directement vers la douche : elle n'avait qu'une demi-heure avant que son amour ne passe le pas de la porte. Elle remit ses boucles en place à l'aide d'un soin puis, après avoir mis du mascara, se dessina les lèvres d'un joli grenat automnal.
Elle sortit d'une boîte, en haut du dressing, dans leur chambre à coucher, un déshabillé transparent et un porte-jarretelles noir, enfila une paire de bas et les escarpins Pura Lopez aux talons de 10 cm qu'elle avait obtenus pendant les soldes.
Elle avait préparé une lettre à son bureau t farfouilla dans le salon à la recherche d'une enveloppe carrée afin de la cacheter avec de la cire rouge. Elle se crama l'index dans sa hâte et maladresse. Après avoir refroidi sa main sous le robinet, elle s'installa sur le bord du canapé et l'attendit ainsi, lettre posée sur la naissance de ses fesses.
Quelques minutes plus tard, Théophile fit son entrée, posa son manteau et son écharpe, puis retira ses chaussures, pressé d'aller s'affaler.
C'est confus qu'il découvrit sa belle, penchée sur leur canapé.
« Tu ne m'avais pas dit que tu sortais ce soir ? »
Salomé resta silencieuse, le laissant approcher et prendre possession de la lettre. Bien qu'hébété, il ouvrit le billet et en découvrit le contenu.
« Mon amour,
Il semble que, depuis quelques temps, ton esprit s'éloigne de nous, pris par tout un tas de choses à ton travail.
Je ne supporte pas de te savoir dans un torrent de négativités. Je mets donc mon corps à ta disposition afin que tu expulses tes démons.
Et puis, mon coeur, tu ne peux pas me laisser dans un recoin de notre nid éternellement, j'ai ça en horreur. Alors, s'il te plaît, pourrais-tu punir la terrible petite égocentrique que je suis et qui ne veut pas que tu ne détournes de nos jeux ?
Libère-toi des affres de tes préoccupations et fais les cingler sur mes chairs.
Je t'aime.
Salomé. »
Théophile ne put contenir un sourire et déposa un baiser sur la joue de sa poupée en lui murmurant :
« Très bien, tu l'auras voulu. »
Salomé se trouva parcourue par un frisson quand la main de son adoré, après avoir glissé le long de sa chute de reins, administra une magistrale frappe sur ses fesses.
Après une dizaines de claques, Théophile, fit échapper la ceinture qui encerclait sa taille. Il fit cingler l'éros de ses pulsions dans un tourbillon sadique qui dura de nombreuses minutes.
Vidé, épuisé, il jeta le cuir au sol et écrasa son torse sur le dos de Salomé, toujours muette.
Leur coeurs battaient la chamade et, leurs souffles en harmonie, Théophile saisit les cheveux de son pantin pour lui demander si c'était ce qu'elle attendait. Elle répondit timidement un « Presque », plongeant ses yeux noirs dans ceux de son partenaire.
« Et que veux-tu d'autre ? », dit-il froidement en tirant sa chevelure vers son visage.
Elle n'osa répondre, intimidée. De sa main gauche, tout en la maintenant par la crinière, il caressa ses nymphes jusqu'au mont de sa féminité où il fit danser son majeur. Salomé perdit le contrôle de ses gémissements et, petit à petit, se laissa gagner par l'extase.
Théophile se trouva bien à l'étroit et prit la main de Salomé pour qu'elle déboutonne son jean.
Puis il lui fit sauvagement l'amour.
Les deux amants, repus et sereins, étreints l'un contre l'autre, savouraient ces retrouvailles avec délice et malice, se babillant des mots doux.


samedi 18 novembre 2017

Rien qu'un vertige



Suite à une provocation, tu veux m'envoyer au coin, mais je refuse. Dans un calme olympien, après quelques encouragements à obéir, tu t'approches pour me gifler. Vexée, je réfugie mon ego blessé dans cet angle droit.
Tu m'y laisses très peu de temps finalement, puis tu me demandes de venir te faire face. C'est là que tu me dis que je devrai présenter mes excuses à genoux ; c'est le prix à payer quand je te fais répéter plusieurs fois les choses. Nerveusement, je te ris au nez.
Tu me couches sur tes genoux pour une fessée déculottée. J'ai les fesses bien marquées de récentes corrections, ma résistance est moindre et je m'agite très vite. Cependant tu ne m'épargnes rien, peut-être veux-tu que cette fessée soit rapide et efficace. Après une dernière claque appuyée tu me relèves, pensant à tort que cela suffira.
C'est sans compter sur ma ténacité à ne pas accepter l'humiliation sans me battre. Contre qui, contre quoi ?
Moi même, très certainement.
Le rapport de force s'installe, doucement. C'est grisant mais aussi culpabilisant. Je n'arrive pas à faire sans. Qu'à cela ne tienne : tu es plus têtu que moi. J'ai perdu d'avance, mais je ne t'offre rien sans lutter. C'est pénible, et aussi pour moi-même ; je ne comprends pas toujours ce besoin de tenir tête.
Mais… c'est comme ça.
Je joue avec mes cheveux ; mes longues boucles brunes cachent la honte qui se dessine sur mon visage ; tu m'ordonnes de les laisser tranquille, je lève les yeux au ciel. Oui, à ce moment là tu m'agaces, tu m'agaces de vouloir me priver de ce refuge qu'est ma tignasse, tu m'agaces à toujours désirer que je te regarde dans les yeux quand je ne le veux pas, tu m'agaces de lire en moi.
Alors mon regard s'attarde d'agacement au plafond, et je souffle, pour couronner le tout.
Là c'est moi qui t'agace et, une gifle plus tard, mes yeux se vissent au sol, mais ce n'est toujours pas ce que tu veux. Maintenant je joue avec mes doigts en mordant ma lèvre supérieure, mon attention toujours scellée sur ta moquette.
« Arrête de jouer avec tes doigts ! »
J'exalte mon indignation dans un soupir, tout en rangeant mes mains derrière mon dos pour moins de tentations. Cela ne suffit pas à échapper à une énième gifle. Je fulmine.
« Tu comptes t'excuser à genoux ? »
Un « non » plus tard, je me retrouve sur tes genoux. Une volée, au coin, toujours le même refus, une autre, encore le coin. Tout va très vite, je n'ai pas le temps de reprendre mes esprits, je me sens de plus en plus désorientée.
Je suis prise d'un petit vertige, j'ai du mal à respirer, c'est trop rapide, je ne sais plus où je suis. Tu le vois, tu marques une pause et tu m'offres à boire. Je dois retourner au coin quand ça ira mieux.
Tu accompagnes le coin d'un compte à rebours de cinq minutes, sur ton téléphone. Cinq minutes, voilà le temps qu'il me reste pour venir te demander pardon selon tes désirs. La pause a eu son effet, mon esprit taquin reprend le dessus. J'appuie discrètement sur « pause », mais je te vois dans le reflet de l'écran, tu es juste derrière et tu vois pertinemment l'erreur que je commets. Me voilà de nouveau sur tes genoux; je me prends une raclée, et tu me renvoies au coin en remettant le compte à rebours à zéro.
Le temps défile doucement, et je m'entête à le laisser s'écouler. Je découvre sur l'application le « +1 min » ; c'est beaucoup trop tentant pour que je me résolve à ne pas cliquer dessus, une première fois, puis une deuxième. Je sens bien que tu n'es plus derrière moi. Fière de ma bêtise, je pouffe dans mon coin. Ma jubilation attire ton attention et tu ironises, mais tout de même irrité, sur le fait que le temps est bien plus long que tu ne le pensais. Je tente à mon tour de plaisanter sur le fait que je puisse être une magicienne.
Abracadabra, tu vas chercher la canne en guise de baguette occulte pour dompter mon insolence. Tu me grondes fort, je me dis que j'ai poussé trop loin, tu n'es vraiment pas content. Fichu culpabilité dévorante, je sens perler mes regrets.
Allongée sur ton canapé j'attends les coups cinglants qui viendront zébrer mon séant. Tu t'amuses de détenir le temps entre tes mains. Tu me demandes combien de coups cela mérite. Je te vois venir. Non, pas ça ! Tu insistes, je ne pipe mot. Tu hausses le ton et répètes la question. Ma rébellion s'épuise, mon esprit lâche, mes barrières succombent, je pleure.
« Alors, combien ? »
Je cherche un nombre acceptable mais le plus bas possible.
J'opte pour douze.
J'ai bien conscience que tout ce cinéma mérite bien plus, mais je ne crois pas pouvoir en supporter plus. Tu sais également que ça mérite le double, mais va pour douze.
« Evidemment tu comptes ! »
Un, deux, trois…
Je suis où déjà ?
Quatre, cinq, six...
(… cueillir des cerises)
Sept, huit, neuf…
Je serre les dents, les derniers seront plus durs.
Dix… Pfff.
Onze… Grrr.
Dans un sanglot, j'étouffe un cri. Douze.
Je veux tes bras, là, tout de suite, maintenant, mais tu n'en as pas fini avec moi. Je dois encore demander pardon. Je me relève, m'agenouille devant toi. Tu me demandes de te dire pourquoi j'ai été punie, ce que j'ai reçu. Je te maudis en levant les yeux au ciel.
« Attention L. ! Et regarde moi dans les yeux »
Dernière ligne droite à ce vertige ; je te présente mes excuses, retenant tout tic et geste d'humeur ; c'est beaucoup de concentration mais je finis par y arriver.
Tu es fier et m'accueille dans tes bras, où je me réfugie, secouée par tout ce tumulte, et lâche prise encerclée de ta tendresse.